Mali, 2016
Le témoignage de l’adjudant Z :
2016, j’ai 28 ans, marié et papa de 3 enfants, je totalise 10 ans de service au sein des chasseurs alpins et effectue mon 5e départ opérationnel.
Je pars au Mali et servirai en qualité de chef de groupe infanterie.
L’Afrique, j’y ai déjà mis les pieds à deux reprises, en République centrafricaine et en Côte d’Ivoire ; cependant, la bande sahélo-saharienne, et plus particulièrement le Mali, je ne connais pas.
Tout est différent de ce que j’ai pu rencontrer lors de mes différentes OPEX : le climat, le terrain, les paysages, la population, les odeurs, l’ambiance…
Malgré une intense préparation avant notre projection, le soleil tape, il tape fort. Il faut s’hydrater et s’hydrater encore, la chaleur fait mal et les équipements semblent peser une tonne.
Il va vite falloir s’acclimater.
Nous passons la plupart de notre temps dans le désert, entre Tessalit et Gao, à effectuer des missions diverses et variées : escorte de convoi, contrôle de zone, fouilles… afin d’affirmer notre présence, de lutter contre le terrorisme et d’occuper le terrain, pour qu’ils ne reviennent plus sur notre sol français.
Les derniers attentats sur le territoire national ont suffisamment fait couler le sang des victimes et les larmes des familles françaises endeuillées.
Ce désert est bien vaste, son sol est bien capricieux, tantôt aride et sec, parfois mouvant, ses tempêtes de sable impressionnantes.
La population rencontrée est bien difficile à cerner. Faire la différence entre un civil de confiance et un djihadiste n’est absolument pas chose simple, alors aucun relâchement n’est permis. La rigueur doit être permanente, car l’homme qui te salue le matin est potentiellement celui qui te prend à partie le soir, ou bien fait exploser son engin lors du passage de ton véhicule.
Notre mandat s’est plutôt bien passé : nous avons pu éviter notre plus grande menace, l’engin explosif improvisé…
J’y ai laissé quelques kilos, pas loin de 10 !
Notre retour en France se fera tout doucement : retrouver un rythme calme et moins soutenu sera chose importante. Faire la bascule n’est pas toujours évident.
J’adresse mon soutien aux familles endeuillées, ainsi qu’à mes frères d’armes.